Auteur
Député européen
Récolter, conduire les machines, soigner les bêtes : dans les Landes, le travail agricole ne s’interrompt ni sous un soleil de plomb ni quand les sols se craquellent. L’été a, une fois de plus, mis à l’épreuve les corps et les nerfs de celles et ceux qui font vivre nos exploitations. Cette réalité touche les exploitants mais aussi les salariés agricoles et les saisonniers dont dépendent nos récoltes.
La semaine dernière, j’ai organisé au Parlement européen une exposition sur les conditions de travail en agriculture, inaugurée avec la présidente Roberta Metsola. La projection du film The Unseen, un séminaire sur les travailleurs migrants et saisonniers, un échange sur la santé mentale ou encore l’essai d’un simulateur de tracteur avec le commissaire Christophe Hansen ont permis à des organisations publiques, des associations et des experts de présenter leurs travaux à mes collègues députés, impliqués dans des textes législatifs qui touchent à l’agriculture.
Le choix du calendrier n’est pas anodin : le 7 octobre est la journée mondiale pour un travail décent. Or l’agriculture reste l’un des secteurs où il est le plus menacé. Le changement climatique affecte directement celles et ceux qui travaillent dans les champs. L’exposition aux pesticides touche en premier lieu la santé de ceux qui les utilisent. Enfin, la pression de marchés dérégulés précarise les travailleurs, en particulier les saisonniers et les travailleurs migrants, pourtant indispensables à de nombreuses filières. Ceux qui nous nourrissent ne sauraient être la variable d’ajustement d’un système dysfonctionnel.
Cette pression pèse aussi sur les têtes. Le moral des agriculteurs se dégrade d’année en année, et la santé mentale ne peut plus être un sujet que l’on traite à voix basse. Rien de tout cela n’est fatalité : ces situations résultent de choix économiques et politiques, et d’autres choix sont possibles.
C’est la conviction des socialistes : la dignité du travail agricole se joue autant dans les règles de marché que dans les conditions d’exercice du métier. Avec la réforme de l’organisation commune des marchés (OCM), je défends des outils de stabilisation qui protègent les producteurs de la volatilité des prix, car un revenu stable est la première condition d’un travail serein. Cette exigence doit aussi guider les discussions sur la PAC post-2027, où revenu agricole et conditions de travail sont indissociables.
Dans les Landes comme ailleurs en Europe, le travail décent doit devenir la norme pour celles et ceux qui nous nourrissent, tout au long de l’année.
