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Député européen
Ce mois de juin, j’ai eu le plaisir de rencontrer les élèves du collège Saint-Exupéry de Condom engagés dans un projet Erasmus+ associant plusieurs établissements européens. Un projet soutenu par le Conseil départemental du Gers, représenté par la camarade Charline Dumont lors de ma visite où j’ai aussi eu le plaisir de rencontrer le nouveau maire socialiste de Condom, Jean-François Sabathier. Une visite qui m’a rappelé à quel point l’Europe peut changer concrètement des vies.
On parle souvent d’Erasmus comme d’un programme destiné aux étudiants. Pourtant, Erasmus+, c’est bien davantage. Ce sont aussi des collégiens, des lycéens, des apprentis, des enseignants, des associations et des collectivités qui construisent chaque jour une Europe bien réelle, loin des caricatures.
Au collège Saint-Exupéry, les élèves ont participé pendant trois ans à un projet intitulé « De d’Artagnan à Napoléon, pas à pas l’Europe de Dumas ». Avec leurs camarades italiens, tchèques et géorgiens, ils ont exploré l’œuvre d’Alexandre Dumas pour mieux comprendre l’histoire, la culture et la construction européenne.
Au fil de ces années, ils ont réalisé des voyages d’échanges dans plusieurs pays, élaboré un carnet de voyage sur les traces de Dumas, participé à la rédaction d’un ouvrage pédagogique consacré aux grands écrivains européens, présenté leurs travaux auprès des institutions européennes à Bruxelles et conçu des expositions.
Notamment une exposition sur un aspect méconnu de la vie de Dumas : le racisme dont il a été victime. Car beaucoup l’oublient mais ce monument sacré de notre littérature était métis, un trait qui lui valut beaucoup de moqueries et de caricatures.
Au-delà de la littérature et de l’histoire, ils ont appris à travailler ensemble, malgré les langues et les différences culturelles. Ils ont découvert d’autres façons de vivre et de penser. Ils ont surtout compris que l’Europe est d’abord une aventure humaine.
Le projet a également intégré une dimension environnementale. Les élèves gersois ont travaillé sur le calcul de l’empreinte carbone de leurs déplacements, la sensibilisation au développement durable et la plantation d’une haie pour compenser une partie des émissions liées à leurs mobilités.
Pour beaucoup d’entre eux, il s’agissait du premier voyage à l’étranger. De la première rencontre avec d’autres cultures. De la première expérience européenne concrète.
Dans nos territoires ruraux, ces projets ont une importance particulière. Car l’une des plus grandes inégalités aujourd’hui est souvent l’inégalité face à la mobilité. Selon l’endroit où l’on naît, où l’on grandit, selon les ressources de sa famille ou l’environnement dans lequel on évolue, il est plus ou moins facile de découvrir d’autres horizons.
C’est ce que certains sociologues appellent l’assignation à résidence : l’idée que notre avenir serait déterminé par notre lieu de naissance.
Face à cela, Erasmus+ représente une formidable promesse d’émancipation. C’est aussi la découverte que l’Europe n’est pas une abstraction mais une réalité humaine faite de visages et de projets communs.
