Face aux violences faites aux femmes et aux enfants, réponse globale, loi intégrale

Auteur

  • Monique Lubin
    Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes

Les violences faites aux femmes et aux enfants demeurent un fléau. Quelle tristesse, ou honte, de voir qu’il faut attendre que les drames se répètent, comme celui qui nous a récemment bouleversés dans le Gers, pour que nous semblions prendre la mesure de ce mouvement de fond qui détruit des vies et des familles entières.

À chaque affaire qui émeut le pays, les mêmes questions reviennent. Comment mieux écouter ? Comment mieux protéger et prévenir ? Comment éviter que les alertes ne restent sans réponse ?

Face à ces interrogations, la tentation existe parfois de rechercher des réponses immédiates ou un bouc-émissaire. Pourtant, l’expérience montre que les solutions les plus simples sont rarement les plus efficaces. La justice doit sanctionner, bien sûr. Mais notre responsabilité collective ne s’arrête pas au moment où le crime est commis.

L’enjeu est d’abord d’empêcher qu’il puisse se produire.

C’est tout le sens de la proposition de loi intégrale portée par notre collègue députée socialiste Céline Thiébault-Martinez. Son ambition est de regarder le problème dans son ensemble et de renforcer la capacité de la société à protéger les victimes avant qu’il ne soit trop tard.

Cette approche mérite d’être soutenue. Lorsqu’il s’agit de violences sexistes, sexuelles ou intrafamiliales, aucun acteur ne peut agir seul. L’école, les services sociaux, la justice, les professionnels de santé, les forces de sécurité ont chacun un rôle à jouer. Encore faut-il qu’ils disposent des moyens nécessaires et qu’ils puissent agir de façon coordonnée.

Notre pays a souvent progressé lorsqu’il a accepté de regarder les problèmes en face plutôt que de céder aux réactions de circonstance. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de protéger les plus vulnérables.

La République est forte lorsqu’elle protège. Elle est fidèle à sa promesse lorsqu’elle garantit à chacun le droit de vivre en sécurité, de grandir sans violence et d’être entendu lorsqu’il demande de l’aide.

C’est cette exigence qui doit aujourd’hui nous guider. Non pas l’émotion du moment, aussi légitime soit-elle, mais la volonté de bâtir une société plus protectrice, pour tous.