Depuis la réforme territoriale de 2016 et la création des grandes régions, celles-ci ont souhaité s’emparer pleinement de la question de la santé et de l’accès aux soins. La Nouvelle-Aquitaine, en particulier, a toujours considéré que la Région constituait l’échelon le plus pertinent pour structurer et mailler le territoire afin de garantir à chacune et chacun l’accès, à proximité de son lieu de vie, à une offre de soins de qualité.
Notre majorité régionale a fait de la santé une priorité politique. Et nous ne limitons pas notre action à la seule question de l’accès aux soins. Au-delà du soutien à la création et à l’extension des maisons de santé sur l’ensemble du territoire, notamment dans les zones rurales, nous portons une vision globale fondée sur le principe d’« Une seule santé ». Santé humaine, santé animale et santé environnementale sont intimement liées : agir sur l’une, c’est agir sur les autres.
La Région est également compétente en matière de formation professionnelle. Dans ce domaine, elle s’investit fortement en faveur des formations sanitaires et sociales. Qu’il s’agisse des infirmier·ère·s, des ambulancier·ère·s, des aides-soignant·e·s, des auxiliaires de puériculture ou encore des assistant·e·s de régulation médicale, nous avons la responsabilité d’adapter l’offre de formation aux besoins de nos territoires. Car ces métiers essentiels font face à des tensions croissantes : difficultés de recrutement, déserts médicaux, manque d’attractivité de certaines filières ou encore difficultés de fidélisation des professionnels.
Pour nous, socialistes, l’égalité d’accès aux soins et aux formations ne doit pas dépendre du lieu où l’on vit. Des territoires littoraux aux communes les plus rurales, chaque habitant doit pouvoir bénéficier des mêmes chances et des mêmes services.
C’est pourquoi la Région définit la stratégie de développement des formations sanitaires et sociales, adapte les capacités d’accueil et répartit les places sur l’ensemble du territoire. Notre majorité a adopté en décembre 2023 un nouveau schéma régional des formations sanitaires et sociales pour la période 2024-2028.
L’une de nos priorités est d’anticiper les besoins de demain en développant dès aujourd’hui l’offre de formation. Nous avons ainsi choisi de rapprocher les campus et les centres de formation des territoires qui en ont le plus besoin. De nouvelles antennes délocalisées ont été ouvertes afin de permettre aux apprenant·e·s de se former près de chez eux tout en répondant aux besoins spécifiques des bassins de vie. Dans les Landes, des places de formation sont désormais réparties entre Mont-de-Marsan, Saint-Vincent-de-Paul, Morcenx-la-Nouvelle, Dax ou encore Labenne.
Mais l’égalité territoriale ne suffit pas. Encore faut-il lever les obstacles financiers qui empêchent trop souvent les jeunes et les adultes en reconversion d’accéder à ces formations. Là encore, nous faisons des choix politiques clairs. Parce que l’émancipation passe par la formation, nous refusons que l’argent soit un frein à l’engagement dans ces métiers indispensables.
C’est dans cet esprit que la Nouvelle-Aquitaine a mis en place, dès 2024, la prise en charge des frais de transport des élèves lors de leurs stages. Une mesure pionnière en France qui traduit concrètement notre volonté de soutenir les futurs professionnels de santé. Nous avons également renforcé notre politique de bourses sur critères sociaux. Leur montant, modulé selon les ressources des bénéficiaires, varie de 1 454 à 6 635 euros par an. En 2022, 4 771 étudiant·e·s ont ainsi bénéficié d’une bourse régionale, pour un montant moyen de 2 700 euros.
Aujourd’hui, les formations sanitaires et sociales représentent en Nouvelle-Aquitaine plus de 23 000 places de formation, dont 19 500 financées par la Région. Depuis 2020, 2 857 places supplémentaires ont été créées et 55 nouveaux sites de formation ont vu le jour. Les résultats sont là : 94 % des apprenant·e·s sont en emploi dans les sept mois qui suivent leur formation.
Pourtant, alors que les besoins explosent, le gouvernement fait aujourd’hui le choix du désengagement. À la suite de la crise sanitaire de 2020, des places supplémentaires avaient été ouvertes dans les formations d’infirmier·ère·s et d’aides-soignant·e·s grâce à des financements de l’État. Depuis l’an dernier, ces financements ne sont plus garantis et les budgets sont revus à la baisse, contraignant les Régions à compenser elles-mêmes les sommes manquantes ou à fermer des places.
Cette décision est incompréhensible. Alors que les projections annoncent un manque de 100 000 infirmier·ère·s et de 80 000 aides-soignant·e·s à l’horizon 2040, l’État choisit de réduire son effort au moment même où il faudrait l’amplifier. Cette logique purement comptable tourne le dos aux réalités du terrain et aux besoins des Français.
En tant qu’élu·e·s socialistes, nous refusons cette vision à courte vue. Avec nos parlementaires landais à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous continuerons de nous mobiliser pour exiger le maintien de ces financements et une véritable stratégie nationale en faveur des métiers du soin et de l’accompagnement.
Les Régions, et particulièrement la Nouvelle-Aquitaine, prennent leurs responsabilités. Elles investissent, innovent et anticipent. Elles sont au rendez-vous des attentes des territoires. Il appartient désormais à l’État d’assumer les siennes. En matière de formations sanitaires et sociales comme dans bien d’autres domaines, nous continuerons à nous battre pour défendre l’égalité, la solidarité et l’avenir de nos services publics.