Loi d’urgence agricole : encore un texte qui passe à côté

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L’agriculture, notamment landaise, traverse une période particulièrement difficile. Crises sanitaires à répétition, dérèglement climatique, hausse des coûts de production, difficultés de transmission des exploitations, concurrence internationale déloyale : les défis s’accumulent et beaucoup d’agriculteurs ont aujourd’hui le sentiment qu’on leur demande toujours davantage en leur donnant toujours moins.

C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale a examiné le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole. Une nouvelle loi agricole, la troisième en un an. Nous aurions souhaité un texte plus ambitieux. Nous avons pourtant abordé ce débat avec une seule boussole : être utiles aux agriculteurs et obtenir des avancées concrètes.

Les députés socialistes ont ainsi fait adopter plusieurs mesures visant à mieux protéger le revenu agricole. Car c’est bien là que se trouve le cœur du problème : comment accepter que ceux qui nous nourrissent soient aussi souvent ceux qui peinent à vivre de leur travail ? Nous avons défendu le renforcement des organisations de producteurs, une meilleure prise en compte des coûts de production et un partage plus juste de la valeur au sein des filières.

Mais nous regrettons que le Gouvernement et sa majorité aient refusé certaines avancées essentielles. Je pense notamment au mécanisme permettant de garantir des prix rémunérateurs aux producteurs, pourtant réclamé par le monde agricole lui-même. Une occasion manquée.

Dans les Landes, la question de l’eau demeure également centrale. Nous savons qu’elle est indispensable à notre agriculture comme à l’équilibre de nos territoires. Là encore, nous défendons une méthode fondée sur le dialogue et la concertation entre les différents usagers, plutôt que les effets d’annonce. L’urgence aurait imposé des solutions concrètes et radicales, mais à la place, le Gouvernement propose de rester au milieu du gué.

Pour toutes ces raisons, nous nous sommes opposés à ce texte. Mais cela ne signifie pas l’abandon du combat. Nous poursuivrons notre mobilisation avec nos collègues sénateurs et sénatrices afin que la suite de la navette parlementaire permette d’améliorer substantiellement ce projet de loi, en particulier sur les questions de revenu agricole et de protection des terres agricoles sur lesquelles notre groupe est fer de lance.

Au-delà du projet de loi d’urgence agricole, nous avons été particulièrement mobilisés en séance publique ces dernières semaines pour voter en faveur de la revalorisation des petites retraites agricoles que nous réclamons depuis longtemps, et faire adopter notre proposition de loi pour mieux prévenir les situations de détresse psychologique dans le monde agricole. Vous l’aurez compris, le combat continue pour défendre une agriculture rémunératrice, durable et porteuse d’avenir notamment pour notre département.