Cet été, les incendies qui ont ravagé Biscarrosse et une partie du massif landais ont rappelé à chacun ce que représente, au quotidien, un service départemental d’incendie et de secours. Derrière chaque camion-citerne engagé sur le front des flammes, il y a un financement, des choix budgétaires et une question simple trop souvent éludée dans le débat public, celle de savoir qui paie réellement la sécurité civile dans les Landes.
Le Département consacre au SDIS 50,66 euros par habitant et par an, contre 44,54 euros en moyenne dans les départements de même strate. À l’inverse, la contribution des communes landaises s’établit à 22,14 euros par habitant, quand la moyenne nationale se situe à 32,12 euros. La contribution départementale représente 70 % du budget du SDIS, contre 30 % pour le bloc communal, un ratio très supérieur à la moyenne nationale.
Depuis 2019, cet effort n’a cessé de croître et le financement du Département a évolué de 19,6 millions d’euros à 26,5 millions d’euros en 2026, soit une hausse cumulée d’environ 7 millions d’euros. Cette trajectoire traduit aussi le renforcement humain du service, avec plus de 50 équivalents temps plein créés entre 2021 et 2026, pour atteindre 407 sapeurs-pompiers professionnels et personnels administratifs.
La durée cumulée d’heures de mobilisation des sapeurs-pompiers avait progressé en 2025 et cette hausse s’expliquait alors déjà par une saison des feux de forêt intense. Les incendies historiques de cet été 2026 s’inscrivent dans cette tendance de fond.
Le changement climatique ne se contente pas d’allonger la saison des feux, il alourdit chaque année davantage la charge opérationnelle et donc la charge budgétaire d’un service que le Département finance très majoritairement seul.
L’État contribue indirectement au financement des SDIS par une fraction de la taxe spéciale sur les contrats d’assurance, affectée aux départements en 2005 en contrepartie d’une baisse de la dotation globale de fonctionnement. Depuis 2005, l’effort financier du Département a progressé près de trois fois plus vite que celui de l’État.
Une réforme du financement des services d’incendie et de secours est pourtant à l’ordre du jour depuis 2024, sous l’appellation de « Beauvau de la sécurité civile ». Lancée en avril 2024 puis relancée début 2025, cette concertation nationale devait déboucher sur un projet de loi traitant notamment de cette question. Elle reste à ce jour sans suite alors qu’elle est indispensable.
Face à un service dont la sollicitation augmente sous l’effet du dérèglement climatique, il existe une réponse structurelle que l’État peut décider seul, la revalorisation de la part de TSCA affectée aux départements pour le financement de leur SDIS. Ce serait reconnaître, par un mécanisme déjà existant, que la sécurité civile ne peut reposer indéfiniment sur les seules collectivités locales, alors même que l’État se désengage année après année de sa participation.
Défendre un financement plus juste du SDIS, ce n’est pas seulement une question technique de fiscalité. C’est une question de solidarité territoriale, celle qui a permis, cet été encore, de protéger les Landaises et les Landais face au feu.