
Par Monique Lubin et Éric Kerrouche — Sénateurs des Landes
« Investir dans l’emploi, la formation et l’inclusion n’est pas une dépense superflue : c’est un choix de justice sociale et d’efficacité économique. »
Une réforme de l’assurance chômage au détriment de la solidarité et des salariés
Le Sénat vient d’adopter la transposition de l’avenant n°3 du 25 février 2026 relatif à l’assurance chômage. Si nous avons fait le choix de l’abstention, ce n’est en aucun cas par adhésion. C’est uniquement par respect pour la signature de certains partenaires sociaux. Pour autant, nous restons sans appel : ce texte marque une étape supplémentaire du démantèlement méthodique de nos droits entamé en 2017.
Le point de friction majeur réside dans la réduction de la durée d’indemnisation pour les ruptures conventionnelles, qui passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans.
Nous refusons que l’on punisse le salarié au lieu de réguler les abus patronaux. Alors que 2,5 millions d’actifs frôlent l’épuisement, restreindre la sortie sécurisée d’un environnement de travail toxique est un signal délétère. Le Gouvernement utilise la précarité comme levier, ignorant délibérément la réalité de la santé mentale au travail.
Cette réforme masque un déséquilibre organisé. L’État ponctionne 4,1 milliards d’euros sur l’Unédic pour financer ses propres exonérations de cotisations. Ce sont les chômeurs qui paient les cadeaux fiscaux faits aux entreprises ! En modulant les droits selon le motif de rupture, ce texte brise le principe d’universalité. Pour nous, à cotisation égale, le droit doit rester identique pour tous.
La loi Attal, le choix du passage en force contre le temps de repos.
Parallèlement, nous portons une opposition résolue à la proposition de loi ouvrant la possibilité de travailler le 1er mai dans certains secteurs. Sous couvert de « valeur travail », ce texte n’est qu’une offensive de plus contre le repos des salariés. Le cynisme de la majorité a atteint son sommet avec l’usage d’une motion de rejet préalable pour empêcher tout débat dans notre hémicycle.
L’objectif est clair : verrouiller le texte en Commission Mixte Paritaire (CMP), loin du regard des citoyens. En court-circuitant ainsi la navette législative, la majorité marginalise le Parlement. Nous ne laisserons pas cette prétendue «simplification» masquer une régression sociale sans précédent.
Nous continuerons à nous battre pour que le droit du travail ne soit pas sacrifié sur l’autel de la rentabilité budgétaire.