OCM : trois lettres pour reprendre le contrôle des marchés agricoles

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OCM. Trois lettres que la plupart des Français ne connaissent pas. Pourtant, derrière cet acronyme – Organisation Commune des Marchés – se cache l’un des textes les plus stratégiques de la Politique Agricole Commune (PAC).

C’est même le cœur historique de la PAC : celui de la régulation des marchés agricoles. Et j’ai aujourd’hui l’honneur d’être le rapporteur principal du Parlement européen sur cette réforme décisive.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que depuis trente ans, l’Europe a progressivement abandonné les outils qui protégeaient les agriculteurs contre la volatilité des marchés. On a laissé s’installer l’idée que le marché devait tout réguler seul. Résultat : crises à répétition, revenus instables, dépendance croissante aux importations et sentiment d’abandon dans nos campagnes.

Aujourd’hui, tout le monde voit bien les limites de ce modèle. Quand quelques pourcents de surproduction suffisent à faire chuter les prix du lait ou du vin, quand les agriculteurs subissent de plein fouet les conséquences des tensions géopolitiques sur les engrais ou l’énergie, quand les consommateurs eux-mêmes sont confrontés à l’inflation alimentaire, une évidence s’impose : nous avons besoin de régulation.

La réforme de l’OCM doit permettre de reconstruire cette capacité d’action publique. Cela passe par plusieurs priorités :

  • renforcer les organisations de producteurs pour mieux partager la valeur ;
  • développer des stocks stratégiques alimentaires ;
  • revaloriser les prix minimums d’intervention aujourd’hui beaucoup trop faibles ;
  • ou encore donner davantage de moyens aux filières pour organiser collectivement leur production.

L’objectif n’est pas de revenir à la PAC des années 1980. Le monde a changé. Mais nous devons retrouver un principe simple : une agriculture ne peut pas être abandonnée aux seules lois du marché.

Dans les Landes, nous savons ce que signifie le collectif. Les coopératives, les CUMA, les organisations de producteurs ont permis à des générations d’agriculteurs de tenir face aux crises. C’est cet esprit que je veux défendre à l’échelle européenne.

Car derrière ces débats techniques, il y a une question profondément politique : voulons-nous encore produire notre alimentation en Europe ? Sans conteste, notre réponse est oui.