Les élus socialistes landais se battent pour que l’État soit au rendez-vous dans la lutte contre les violences faites aux femmes

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Depuis plus de deux ans, le Département frappe à la porte des ministères afin de défendre un projet innovant pour héberger et accompagner les femmes victimes de violences. Toutefois, pour que ce projet existe pleinement, il faut que l’État soit au rendez-vous et, pour l’heure, aucun engagement écrit n’est parvenu à la collectivité.

Cette attente révèle une contradiction profonde dans la politique nationale. D’un côté, le gouvernement signe des circulaires sur le renforcement de la coopération avec les collectivités. De l’autre, il ferme le robinet des crédits et laisse les territoires seuls face à une réalité qui s’aggrave.

Pour autant, le Département a été parmi les premiers en France à déployer les téléphones grave danger. Il consacre 450 000 euros par an au secteur associatif engagé contre les violences faites aux femmes. Il forme les professionnels, sensibilise les jeunes et peut compter sur 400 travailleurs sociaux répartis sur l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, ce maillage ne suffit plus. En 2023, le département a dépassé 2 000 faits de violence intrafamiliale enregistrés, avec une progression plus rapide que la moyenne nationale. Les structures sont saturées, les durées de séjour ont presque triplé en deux ans et le Département affiche le taux d’équipement en hébergement d’urgence le plus faible de toute la Nouvelle-Aquitaine, avec seulement 0,6 place pour 1 000 habitants.

Face à cette situation, le Conseil départemental porte un projet construit en trois axes complémentaires comprenant une structure d’hébergement, une équipe mobile et un dispositif « hors les murs », réparti sur tout le territoire, y compris dans les zones rurales. Ces trois axes forment un tout.

Le financement global relève principalement de l’État mais le Département est prêt à co-financer une part de l’accompagnement, notamment pour l’accueil des enfants et des fratries.

Les échanges avec les services déconcentrés de l’État sont de qualité mais là s’arrête la réponse de l’État. Les ministres ne répondent pas aux courriers et le dossier reste bloqué.

Pourtant, la circulaire conjointe signée par Aurore Bergé et Vincent Jeanbrun en novembre 2025 énonce exactement ce que le Département propose depuis des mois. Elle appelle les collectivités à mobiliser leurs ressources, à coordonner les parcours, à contribuer à l’accès au logement durable. Une circulaire sans financement ne sauve pas les femmes. L’absence de mesures nouvelles en loi de finances 2026 pour ces structures n’est pas un aléa budgétaire, c’est un choix politique.

Comme le rappelle la Fondation des femmes, une femme tente en moyenne six fois de quitter un foyer violent avant d’y parvenir. Chaque mois sans réponse adaptée est un risque de retour au domicile. Chaque place manquante dans le maillage rural est une femme qui reste parce qu’elle n’a nulle part où aller.

Il est rare qu’une collectivité construise un projet d’une telle ampleur et tende ainsi la main à l’État pendant plus de deux ans. Si la visite de Aurore Bergé dans les Landes le 22 mai dernier a permis d’obtenir quelques avancées dans cette démarche, le Département ne peut, pour l’heure, s’en satisfaire.

Ce projet mérite une réponse à la hauteur des enjeux de la part de l’État. C’est une nécessité, parfois vitale, pour les femmes des Landes, pour leurs enfants et pour ce territoire qui s’est engagé à leurs côtés.

Les violences faites aux femmes ne reculeront pas par la seule force des déclarations. Elles reculeront quand les moyens seront à la hauteur des mots et le Département s’y emploiera sans relâche.