Auteur
Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes
Depuis plusieurs semaines, des lycéennes et des lycéens se mobilisent pour demander ce qui devrait aller de soi : des professeurs devant leurs classes, des conditions d’étude dignes et la possibilité de construire leur avenir. Ils dénoncent les enseignants non remplacés, les classes surchargées, les emplois du temps épuisants et l’angoisse de Parcoursup. Derrière ces revendications, une même exigence : que la promesse républicaine d’égalité ait encore un sens. Comment leur donner tort ?
Cette jeunesse mérite d’être écoutée et respectée. Les annonces gouvernementales n’ont pas apporté de réponse à la hauteur de ses attentes. À force de laisser les difficultés s’accumuler, de demander toujours davantage d’efforts sans offrir de perspectives, le pouvoir nourrit une défiance dont nous mesurons aujourd’hui la profondeur.
Le 17 octobre, cette colère a rejoint celle de Français confrontés à la vie chère et à la dégradation des services publics. Mais cette journée a aussi été marquée, dans plusieurs villes, par des violences d’une extrême gravité : commerces pillés, bâtiments publics attaqués, mairies saccagées ou incendiées. Ces actes sont inacceptables. Je les condamne sans réserve et je pense à toutes celles et ceux qui en ont été victimes : commerçants, habitants, agents publics et forces de l’ordre.
Brûler une mairie, c’est détruire la maison commune, celle où chacun doit pouvoir trouver un accompagnement, une réponse. Piller un commerce, c’est s’en prendre au travail et parfois à toute la vie d’une famille. Ces violences ne font avancer aucune revendication. Elles abîment le droit de manifester et détournent l’attention des difficultés sociales.
Dans les Landes, les manifestations lycéennes comme les rassemblements du 17 octobre se sont déroulés dans le calme. Je veux saluer cette responsabilité, celle des jeunes, des manifestants et de tous ceux qui ont contribué au bon déroulement de ces journées. Ils ont montré qu’une colère pouvait s’exprimer avec force sans basculer dans la violence.
Mais que personne ne confonde ce calme avec de la résignation, ni avec une situation plus facile qu’ailleurs.
Dans nos communes aussi, des familles comptent chaque euro avant de faire leurs courses. Des salariés travaillent toute la semaine sans parvenir à vivre correctement de leur salaire. Des retraités s’inquiètent de leurs factures. Des jeunes se demandent comment trouver un logement. Dans un département où la voiture reste souvent indispensable pour vivre, le prix du carburant pèse lourd. L’éloignement des services publics ajoute encore aux dépenses et aux difficultés du quotidien.
Faudrait-il attendre que les choses dégénèrent pour que ces réalités soient enfin prises au sérieux ? Ce serait un terrible aveu d’échec démocratique.
La fermeté face aux violences est indispensable. La détermination à combattre les injustices l’est tout autant. C’est en permettant à chacun de vivre dignement que nous redonnerons confiance dans l’action politique et dans la République.
