Nouvel été destructeur pour l’agriculture landaise : prévenir plutôt que guérir

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Pour la troisième année consécutive, une canicule prolongée et un déficit hydrique sévère ont frappé les exploitations agricoles des Landes.

Les chiffres de cet été parlent d’eux-mêmes. Le déficit pluviométrique a atteint 85 % en juillet, plaçant sols et cultures dans une situation de stress hydrique extrême. Les rendements du maïs non irrigué chutent de 50 à 70 %, ceux du maïs irrigué de 20 à 35 %. Le tournesol enregistre des baisses de 10 à 35 %, le soja de 10 à 30 %. L’élevage n’est pas épargné : la pousse de l’herbe a reculé de 90 %, obligeant de nombreux éleveurs à entamer leurs stocks fourragers d’hiver dès juillet.

Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes qui s’épuisent. Le moral des agriculteurs landais se dégrade d’année en année, et beaucoup s’interrogent sur la pérennité économique de leur exploitation.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé le plan CASI (Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies), doté d’un milliard d’euros. Mais ce plan porte en lui ses propres limites. Plus de la moitié de l’enveloppe repose sur l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), qui protège très inégalement les agriculteurs selon qu’ils sont assurés ou non : jusqu’à 90 % des pertes couvertes pour les exploitants assurés, contre seulement 28 % pour les non-assurés. Or deux tiers des exploitations françaises ne sont couvertes par aucune assurance multirisque climatique. Ce sont donc précisément les fermes les plus vulnérables qui bénéficient le moins du soutien annoncé. Je m’élève contre cette injustice qui conditionne l’accès à la solidarité nationale à un engagement auprès d’un assureur privé.

Pour y remédier, nous devons aller vers une obligation d’assurance, comme pour les automobiles, ce qui induit un contrôle réel, par l’État, des primes comme des marges pratiquées par les assureurs.

En ce sens, les socialistes portent une réponse structurelle plutôt que curative. Avec la réforme de l’organisation commune des marchés (OCM), je défends un renforcement des outils de stabilisation des marchés agricoles et la constitution de stocks stratégiques alimentaires, pour accroître notre résilience face aux chocs climatiques et au désordre géopolitique. Le stockage est également en jeu ici : la typologie des sols et des sous-sols ne permet pas une approche uniforme de l’irrigation à l’échelle nationale ; elle doit être pensée à l’échelle locale. C’est un enjeu présent, pour préserver notre capacité de protection agricole, et un enjeu d’avenir, pour adapter notre agriculture au réchauffement, notamment par une meilleure efficience de l’eau, comme le montrent déjà plusieurs expérimentations en cours. Cette adaptation nécessitera un accompagnement du monde agricole, à condition que les décisions soient coconstruites avec l’ensemble des acteurs du territoire, pour sortir du sentiment, aujourd’hui répandu, d’un arbitraire sans concertation.