
Par les Élus socialistes au Conseil Départemental des Landes
« Il n’est pas admissible que le développement de l’École inclusive repose sur la suppression des classes. »
Le vendredi 3 avril, lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale, les élus socialistes landais ont voté contre le projet de carte scolaire pour la rentrée 2026-2027. Un vote clair et assumé, face à un projet qui prévoit la fermeture d’une quinzaine de classes dans notre département.
Derrière ces chiffres, une mécanique bien rodée. L’académie impose une baisse de 11 postes, à laquelle s’ajoutent 7 postes réorientés vers les Pôles d’Appui à la Scolarité, ces nouveaux dispositifs d’École inclusive décidés par le ministère. Autrement dit, l’État désigne l’inclusion comme priorité mais la finance en supprimant des classes. On habille Paul en déshabillant Pierre et ce sont les élèves et les territoires ruraux qui paient l’addition.
Reconnaissons à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale d’avoir cherché, en concertation avec les organisations syndicales, des solutions alternatives pour limiter les dégâts. Redéploiement de postes hors réseau, mobilisation de moyens ULIS, RASED ou DITEP. Ces efforts, aussi louables soient-ils, ne peuvent masquer la réalité d’une politique nationale qui fait peser sur les territoires ruraux le coût de ses propres réformes.
Dans le second degré, le constat est tout aussi accablant. Alors que le Département maintient ses efforts d’investissement dans les collèges publics, l’État poursuit son retrait de moyens, dégradant les conditions d’enseignement au sein même des établissements que nous construisons, rénovons et équipons.
Il n’est pas admissible que le développement de l’École inclusive repose sur la suppression de classes. La baisse démographique aurait dû être l’occasion de réduire les effectifs par classe, au bénéfice direct des élèves. Au lieu de cela, on ferme et on dégrade le maillage territorial. En milieu rural, l’école est souvent le dernier service public de l’État. Chaque fermeture de classe est un signal d’abandon envoyé aux familles et aux communes.
Par ailleurs, la Région, qui assure le transport scolaire et investit massivement pour l’éducation et la jeunesse, mesure directement les conséquences de ces fermetures sur l’organisation des territoires. Chaque classe qui disparaît, c’est un élève de plus dans le car, un trajet plus long, une famille qui s’interroge sur l’avenir de son village. Le Département et la Région parlent d’une seule voix parce qu’ils partagent la même conviction. L’école publique est le socle de l’égalité républicaine et elle ne doit pas être la variable d’ajustement des restrictions budgétaires de l’État.
Le Département et la Région, eux, ne se désengagent pas. Ils financent les collèges et les lycées. Le Département soutient également les communes pour les travaux dans les écoles, accompagne les regroupements pédagogiques intercommunaux. Là où l’État recule, les collectivités de gauche avancent. C’est un choix politique, celui d’une gauche qui place l’éducation au cœur de son projet pour le territoire.
Les élus socialistes landais ne se contentent pas de voter contre. Ils proposent de s’engager, sans délai, aux côtés de la DSDEN, des communes, de l’Association des maires des Landes, des familles et des collectivités en charge des transports, dans une démarche pluriannuelle et concertée. Anticiper les évolutions démographiques, maintenir un maillage scolaire cohérent, refuser la logique comptable qui sacrifie les territoires, voilà ce que nous devons construire ensemble.
Défendre l’école publique dans les Landes, c’est défendre l’égalité réelle, celle qui se mesure dans chaque village, dans chaque classe, dans chaque trajet d’enfant vers son école. Ce combat, nous le mènerons aussi longtemps qu’il le faudra.