
Par Boris Vallaud — Député des Landes
« Le changement climatique n’est plus une menace lointaine, il est déjà là et bouleverse concrètement nos territoires et nos vies. »
Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il est déjà là. Dans nos Landes, il se traduit par des sécheresses à répétition, des épisodes de grêle destructeurs, des inondations plus fréquentes, des tempêtes plus violentes et plus fréquentes. Nos agriculteurs se retrouvent bien souvent en première ligne face aux conséquences de ces catastrophes naturelles qui s’intensifient. Et ce sont parfois des mois, voire des années de travail, qui peuvent disparaitre en quelques heures.
Ce sont des femmes et des hommes qui subissent des pertes directes, des exploitations qui sont fragilisées, des revenus qui deviennent incertains. Comment continuer à produire quand une récolte peut être anéantie en une nuit d’intempéries ? Comment investir quand l’avenir devient aussi imprévisible ? Cette réalité pose une question simple : notre modèle est-il encore capable de protéger celles et ceux qui nous nourrissent ?
C’est tout le sens de la proposition de loi portée par le député socialiste Fabrice Barusseau, adoptée à l’Assemblée nationale. Pour la première fois, notre droit reconnaîtrait la nécessité de s’adapter au changement climatique. C’est une étape importante.
Adapter, cela veut dire deux choses concrètes comme mettre fin à des logiques absurdes de reconstruction à l’identique après chaque catastrophe, et garantir un accès à l’assurance pour les ménages, les entreprises et les collectivités les plus exposés. Car aujourd’hui, dans certains territoires, s’assurer devient tout simplement impossible, et à l’avenir, les assurances à but lucratif ne prendront plus le risque d’assurer qui que ce soit tant les pertes pourront être vertigineuses.
Dans les Landes, nous le savons : l’adaptation devient une urgence. Pour nos agriculteurs, pour nos communes, pour notre littoral, et pour tous les ménages qui se retrouvent sans électricité, sans moyen de communiquer, ou de se déplacer, pendant des heures, des jours, des semaines… Il ne s’agit pas seulement de réparer, mais de prévenir, d’anticiper, de repenser nos aménagements et nos modèles.
Mais ne nous trompons pas : cette loi n’est qu’un début. L’adaptation ne peut pas reposer sur les seuls individus ou sur les collectivités. Elle appelle une véritable transformation complète de nos modes de production et de consommation, à travers une transition juste et ambitieuse, planifiée, à la hauteur des défis qui s’annoncent immenses.