Auteur
Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes
À chaque élection présidentielle, le même scénario semble se répéter. Avant même de débattre des idées, des projets ou des priorités pour le pays, une question s’impose partout : qui sera le candidat ? Le « qui » finit par écraser le « quoi ».
Cette personnalisation extrême de la vie politique est devenue un piège démocratique. Elle réduit trop souvent le débat public à une compétition d’ambitions individuelles, alors que les Français attendent autre chose : des réponses concrètes à leurs difficultés quotidiennes, une vision pour le pays, un cap collectif.
La gauche ne peut pas tomber dans ce travers.
Notre responsabilité historique est précisément de remettre le contenu au cœur du débat. Car ce qui devrait nous rassembler, ce ne sont pas des destins personnels, mais des objectifs communs : protéger le travail, défendre les services publics, garantir l’éducation et la santé pour tous, réussir la transition écologique, renforcer la démocratie.
Ces dernières années l’ont montré : sans socle politique clair, les rassemblements électoraux restent fragiles. Les accords de circonstances ne suffisent pas lorsqu’il faut gouverner durablement. Les Français ne veulent plus d’alliances improvisées ; ils veulent savoir ce que la gauche ferait réellement au pouvoir.
C’est pourquoi le besoin d’un programme commun des forces de gauche redevient une nécessité.
Non pas un catalogue de promesses, mais un contrat de mandature clair, sérieux, crédible, débattu démocratiquement et assumé collectivement. Bien entendu, la question de l’incarnation demeure importante, et la gauche a besoin de son, ou sa, porte-parole qui saura mener le collectif à son but. Mais la vie démocratique ne devrait pas dépendre d’un seul homme ou d’une seule femme.
Dans une démocratie parlementaire moderne, c’est au Parlement que devraient se construire les compromis, les majorités et les politiques publiques. C’est là que devrait vivre le débat démocratique. Pas dans une hyperprésidentialisation permanente qui personnalise tout et affaiblit le collectif.
La gauche a toujours été plus forte lorsqu’elle parlait au pays autour d’un projet partagé, porté par des femmes et des hommes rassemblés autour d’une ambition commune. Le moment est venu de retrouver cet esprit.
