Journal numérique de la Fédération des Landes du Parti Socialiste

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Mai 2026 (n°2052)

Monique Lubin

Redonner un sens collectif à la gauche

« La gauche a toujours été plus forte lorsqu’elle parlait au pays autour d’un projet partagé, porté par des femmes et des hommes rassemblés autour d’une
ambition commune. »

Avril 2026 (n°2051)

1er mai : ce que nous ne laisserons jamais effacer

Auteur Monique Lubin Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes Par Monique Lubin – Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes « Une société qui oublie ses luttes est une société qui accepte plus facilement de perdre ses droits. » Il y a des dates qui ne sont pas seulement des dates. Le 1er mai est de celles-là. Ces derniers jours, certains ont voulu en faire un jour comme les autres. Sous prétexte de répondre aux exigences de quelques secteurs du patronat, une proposition de loi visait à élargir le travail ce jour-là. Elle avait été adoptée au Sénat, malgré le combat que j’ai mené sur ce texte, et portée jusqu’à l’Assemblée nationale. Face à la mobilisation syndicale et politique, le gouvernement a finalement reculé. Le texte est abandonné, au moins pour cette année. Ce recul est une victoire. Mais il dit aussi beaucoup de l’époque. Car derrière ce débat, il ne s’agissait pas simplement d’ouvrir quelques commerces de plus un jour férié. Il s’agissait, en réalité, de banaliser ce qui ne doit jamais l’être. Le 1er mai n’est pas un jour férié parmi d’autres. C’est une conquête. C’est une mémoire. C’est un symbole pour l’histoire du camp social international. Depuis la fin du XIXème siècle, depuis les luttes ouvrières et les événements dramatiques de Chicago en 1886, cette journée est devenue celle des travailleurs et des travailleuses du monde entier. Une journée arrachée par le combat. Une journée qui dit que la vie ne se résume pas à travailler chaque jour pour un patron, que les travailleurs ne sont pas seulement une force productive, mais un corps social, une conscience collective. Le 1er mai, c’est un temps libéré. Un temps soustrait à la logique marchande. Un temps où l’on ne travaille pas pour quelqu’un d’autre, mais où l’on se retrouve, où l’on se rassemble, où l’on se souvient. C’est notre espace politique. Un espace où se transmettent les luttes passées, où se rappellent les droits acquis, où se construit la conscience de ce que nous devons encore conquérir. C’est cela qui dérange. Car oui, certains rêvent d’effacer cette mémoire. De transformer ce jour en un jour d’activité comme un autre, vidé de sa portée symbolique et collective. Mais une société qui oublie ses luttes est une société qui accepte plus facilement de perdre ses droits. Nous ne l’acceptons pas. Dans les Landes comme ailleurs, nous affirmons une chose simple : le 1er mai n’est pas négociable. Parce qu’il appartient à notre histoire sociale. Parce qu’il incarne la dignité du travail. Parce qu’il rappelle que les droits ne sont jamais donnés, mais toujours conquis. Et parce qu’il reste, aujourd’hui encore, un point d’appui pour celles et ceux qui continuent de se battre pour vivre dignement de leur travail. Le gouvernement a reculé. Il a eu raison. Mais le débat reviendra. Et nous serons là.

Renaud Lagrave

L’édito

Auteur Renaud Lagrave Vice-Président du Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine, co-secrétaire fédéral à la communication Par Renaud Lagrave – Vice-Président du Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine, Co-secrétaire fédéral à la Communication « Une société qui glorifie les trajectoires individuelles ne remplace jamais la force d’un collectif. » Chacun d’entre nous, lors de notre engagement politique, a le droit d’avoir de l’ambition, c’est humain et c’est naturel, mais seul un collectif peut amener à des victoires et des changements pour nos concitoyens. En disant cela je suis bien entendu à contre sens de notre société qui glorifie les trajectoires individuelles et encore plus de la starisation grâce aux réseaux sociaux. C’est pourtant avec le mouvement social, l’union de la gauche et les partis politiques que la gauche a réussi dans l’histoire, avec chaque fois des porte-paroles et des élus renommés, mais jamais seuls. Au moment où nous devons tous nous interroger sur l’avenir de la gauche, il est primordial que nous gardions une équipe, un collectif et de la solidarité. Notre histoire collective et individuelle ne se reconstruira pas sans la confiance des militants, des sympathisants, des élus locaux de progrès et du mouvement social. Pendant que Bolloré finance les campagnes des populistes et choisit ses têtes pour gouverner sa France trumpisée, nous avons le devoir de répondre aux aspirations de nos concitoyens sur les questions économiques, la redistribution des richesses, la réforme de la fiscalité, la transition énergétique entre autres. Nous pouvons tous avoir des états d’âme, avoir des ressentis, des déceptions, mais de grâce, mettons tout cela de côté pour avoir une chance de préparer les prochaines échéances qui seront déterminantes pour les Français et les Européens.

Assemblée générale des maires des Landes

Paul Carrère élu à la tête des maires des Landes, dans la continuité et le rassemblement

Auteur Le Travailleur Landais Réunis en assemblée générale à Mugron, les élus landais ont porté, samedi 25 avril, Paul Carrère à la présidence de l’Association des maires et des présidents de communautés des Landes. Le maire de Morcenx-la-Nouvelle succède à Hervé Bouyrie, figure bien connue des élus locaux. Maire de Messanges durant plusieurs mandats, ce dernier a marqué la vie institutionnelle landaise par un engagement constant, à la tête de nombreuses instances et au service du développement du territoire. Au moment de lui succéder, Paul Carrère lui a rendu un hommage appuyé, saluant son action et son sens du collectif : « Hervé Bouyrie a su porter la voix des maires avec conviction et proximité. Il a toujours défendu nos communes avec engagement. Nous lui devons beaucoup. » Dans le prolongement de cet héritage, le nouveau président a fait le choix d’une liste d’union, réunissant des élus de sensibilités politiques diverses et issus de l’ensemble du territoire landais. « J’ai souhaité une équipe qui ressemble aux Landes, dans toute sa diversité. L’enjeu, aujourd’hui, c’est de travailler ensemble, au-delà des étiquettes, pour défendre nos communes », a-t-il insisté. Dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires, les attentes en matière de services publics et les défis de transition, l’association entend poursuivre son rôle de relais et de soutien auprès des collectivités. L’élection de Paul Carrère intervient quelques semaines après le renouvellement municipal et ouvre une nouvelle étape pour l’Association des maires des Landes, entre continuité de l’engagement et volonté de rassemblement. La composition du bureau :

Municipales 2026 : la gauche sauve les meubles, mais perd la France ? Un bilan en trompe-l’œil

Auteur Randy Nemoz Secrétaire de la section dacquoise, conseiller municipal d’opposition de Dax Par Randy Nemoz — Conseiller municipal d’opposition de Dax Au lendemain de ces municipales, chacun se proclame vainqueur, mais un chiffre résume mieux l’état du pays : plus de 42 % d’abstention, signe d’une crise démocratique durable. L’extrême droite n’a pas déferlé mais elle progresse fortement : 55 communes de plus de 3 500 habitants conquises, dont 38 au second tour, et 3 006 élus municipaux, soit un record qui double celui de 2014. Elle s’enracine désormais localement, jusqu’à diriger 14 villes dans l’ex-bassin minier du Pas-de-Calais contre 2 auparavant, et à faire tomber des bastions comme Liévin ou Castres. Dans le même temps, la droite classique consolide son emprise sur les villes moyennes et les territoires ruraux, là où se joue désormais l’équilibre politique du pays.En face, la gauche conserve ses grandes métropoles, Paris, Lyon, Marseille, Lille ou Nantes, et le Parti socialiste revendique environ 800 communes, une légère progression par rapport à 2020. Mais ce socle masque une réalité plus inquiétante : 103 villes perdues, dont des places fortes historiques comme Brest ou Clermont-Ferrand. Malgré l’affaiblissement des écologistes, la gauche résiste difficilement dans ses bastions urbains, mais recule inexorablement dans les territoires intermédiaires et ruraux. La progression de LFI reste marginale, sans véritable percée, encore moins face à la droite. Au total, ce scrutin semble dessiner l’image d’une gauche retranchée dans ses forteresses, pendant que la plaine, elle, bascule. La jonction des droites : la dynamique dystopique Il y a quelque chose de plus inquiétant encore que les résultats bruts. C’est la dynamique des blocs qui se dessine à grande vitesse et que les commentateurs semblent peiner à nommer clairement, ou qui n’indigne pas à la hauteur de ce que cela représente. Comment ne pas frémir face à des libéraux ou gaullistes qui avalisent un rapprochement voire des alliances avec les héritiers du régime de Vichy, un parti fondé par des SS, et avec l’extrême-droite la plus dure de Zemmour, Knafo, Marion Maréchal-Le Pen, cette extrême-droite qui prône des thèses comme le grand-remplacement, la nécessité de la remigration tout en soutenant les plus grands libertariens comme Elon Musk ? Avons-nous tout oublié de l’histoire et de ce que ces mouvements ont produit, de souffrances, de chaos, et d’horreurs ?Ce qui s’est joué en coulisses, c’est la recomposition d’une droite unifiée qui va d’Édouard Philippe à Zemmour ; une alliance qui n’existait pas il y a encore cinq ans et qui commence à parler d’une seule voix sur les territoires. Une alliance contre nature, où les deux ennemis d’hier se révèlent bien les deux faces d’une même pièce prêtes à frapper ensemble. Prenons Dax, sous-préfecture des Landes, pour illustrer ce que nous voyons dans de plus en plus d’endroits en France rurale et périurbaine.Un maire Horizons, issu du sarkozysme, passé par le macronisme, réalise 6 000 voix au second tour, soit, à quelques centaines près, le même électorat que celui qui avait voté pour tous les

Une proposition de loi pour s’adapter au dérèglement climatique, protéger nos territoires et ceux qui les font vivre

Auteur Boris Vallaud Député des Landes Par Boris Vallaud — Député des Landes « Le changement climatique n’est plus une menace lointaine, il est déjà là et bouleverse concrètement nos territoires et nos vies. » Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il est déjà là. Dans nos Landes, il se traduit par des sécheresses à répétition, des épisodes de grêle destructeurs, des inondations plus fréquentes, des tempêtes plus violentes et plus fréquentes. Nos agriculteurs se retrouvent bien souvent en première ligne face aux conséquences de ces catastrophes naturelles qui s’intensifient. Et ce sont parfois des mois, voire des années de travail, qui peuvent disparaitre en quelques heures. Ce sont des femmes et des hommes qui subissent des pertes directes, des exploitations qui sont fragilisées, des revenus qui deviennent incertains. Comment continuer à produire quand une récolte peut être anéantie en une nuit d’intempéries ? Comment investir quand l’avenir devient aussi imprévisible ? Cette réalité pose une question simple : notre modèle est-il encore capable de protéger celles et ceux qui nous nourrissent ? C’est tout le sens de la proposition de loi portée par le député socialiste Fabrice Barusseau, adoptée à l’Assemblée nationale. Pour la première fois, notre droit reconnaîtrait la nécessité de s’adapter au changement climatique. C’est une étape importante.Adapter, cela veut dire deux choses concrètes comme mettre fin à des logiques absurdes de reconstruction à l’identique après chaque catastrophe, et garantir un accès à l’assurance pour les ménages, les entreprises et les collectivités les plus exposés. Car aujourd’hui, dans certains territoires, s’assurer devient tout simplement impossible, et à l’avenir, les assurances à but lucratif ne prendront plus le risque d’assurer qui que ce soit tant les pertes pourront être vertigineuses. Dans les Landes, nous le savons : l’adaptation devient une urgence. Pour nos agriculteurs, pour nos communes, pour notre littoral, et pour tous les ménages qui se retrouvent sans électricité, sans moyen de communiquer, ou de se déplacer, pendant des heures, des jours, des semaines… Il ne s’agit pas seulement de réparer, mais de prévenir, d’anticiper, de repenser nos aménagements et nos modèles. Mais ne nous trompons pas : cette loi n’est qu’un début. L’adaptation ne peut pas reposer sur les seuls individus ou sur les collectivités. Elle appelle une véritable transformation complète de nos modes de production et de consommation, à travers une transition juste et ambitieuse, planifiée, à la hauteur des défis qui s’annoncent immenses.

Le statut du fermage : une conquête sociale née des luttes paysannes

Auteur Éric Sargiacomo Député européen Par Éric Sargiacomo — Député européen « Une agriculture forte repose d’abord sur la justice sociale et la reconnaissance du travail paysan. » Il y a 80 ans, le 13 avril 1946, la France adoptait le statut du fermage. Une loi fondatrice, issue de l’esprit du Conseil national de la Résistance, qui a profondément transformé notre agriculture, et tout particulièrement dans les Landes.Car il faut se souvenir de ce qu’était la réalité agricole avant 1946. Dans nos campagnes landaises, le métayage dominait largement. Les paysans cultivaient des terres qui ne leur appartenaient pas, remettaient une part importante de leur production au propriétaire et restaient soumis à son bon vouloir. Les conditions d’exploitation étaient souvent extrêmement dures : instabilité permanente, absence de droits, dépendance économique totale. Impossible d’investir, difficile de se projeter, et parfois même de vivre dignement de son travail. Dans les Landes, les luttes ont été nombreuses. Les syndicats agricoles, les militants socialistes et communistes ont mené des combats décisifs pour mettre fin à ces rapports de domination et faire reconnaître un principe simple mais essentiel : ceux qui travaillent la terre doivent pouvoir en vivre et en récolter les fruits.La loi de 1946 a marqué une rupture historique en permettant aux métayers de devenir fermiers, elle a apporté des garanties inédites : Elle a aussi encadré les loyers agricoles, limitant la rente foncière et rééquilibrant le partage de la valeur au profit du travail. Ce cadre a permis une transformation en profondeur de notre agriculture. Dans les Landes, il a accompagné le développement d’exploitations familiales solides, capables d’investir, de se moderniser et de s’inscrire dans la durée. Mais cet héritage est aujourd’hui confronté à de nouveaux défis : accès au foncier pour les jeunes, montée des formes sociétaires, pression spéculative, financiarisation des terres… autant d’évolutions qui interrogent l’équilibre construit en 1946. Plus que jamais, une conviction doit nous guider : la terre ne peut pas être un simple actif financier. Elle doit rester un outil de travail au service de celles et ceux qui la cultivent.À l’heure où la souveraineté alimentaire redevient une priorité, le statut du fermage nous rappelle une chose essentielle : une agriculture forte repose d’abord sur la justice sociale et la reconnaissance du travail paysan.

La protection sociale sous tutelle budgétaire

Auteurs Monique Lubin Sénatrice des Landes, Première secrétaire Fédérale des Landes Éric Kerrouche Sénateur des Landes Par Monique Lubin et Éric Kerrouche — Sénateurs des Landes « Investir dans l’emploi, la formation et l’inclusion n’est pas une dépense superflue : c’est un choix de justice sociale et d’efficacité économique. » Une réforme de l’assurance chômage au détriment de la solidarité et des salariés Le Sénat vient d’adopter la transposition de l’avenant n°3 du 25 février 2026 relatif à l’assurance chômage. Si nous avons fait le choix de l’abstention, ce n’est en aucun cas par adhésion. C’est uniquement par respect pour la signature de certains partenaires sociaux. Pour autant, nous restons sans appel : ce texte marque une étape supplémentaire du démantèlement méthodique de nos droits entamé en 2017. Le point de friction majeur réside dans la réduction de la durée d’indemnisation pour les ruptures conventionnelles, qui passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans.Nous refusons que l’on punisse le salarié au lieu de réguler les abus patronaux. Alors que 2,5 millions d’actifs frôlent l’épuisement, restreindre la sortie sécurisée d’un environnement de travail toxique est un signal délétère. Le Gouvernement utilise la précarité comme levier, ignorant délibérément la réalité de la santé mentale au travail. Cette réforme masque un déséquilibre organisé. L’État ponctionne 4,1 milliards d’euros sur l’Unédic pour financer ses propres exonérations de cotisations. Ce sont les chômeurs qui paient les cadeaux fiscaux faits aux entreprises ! En modulant les droits selon le motif de rupture, ce texte brise le principe d’universalité. Pour nous, à cotisation égale, le droit doit rester identique pour tous. La loi Attal, le choix du passage en force contre le temps de repos. Parallèlement, nous portons une opposition résolue à la proposition de loi ouvrant la possibilité de travailler le 1er mai dans certains secteurs. Sous couvert de « valeur travail », ce texte n’est qu’une offensive de plus contre le repos des salariés. Le cynisme de la majorité a atteint son sommet avec l’usage d’une motion de rejet préalable pour empêcher tout débat dans notre hémicycle.L’objectif est clair : verrouiller le texte en Commission Mixte Paritaire (CMP), loin du regard des citoyens. En court-circuitant ainsi la navette législative, la majorité marginalise le Parlement. Nous ne laisserons pas cette prétendue «simplification» masquer une régression sociale sans précédent. Nous continuerons à nous battre pour que le droit du travail ne soit pas sacrifié sur l’autel de la rentabilité budgétaire.

Quand l’État ferme des classes, les élus socialistes landais se battent pour l’école publique

Auteur Élus socialistes au Conseil Départemental des Landes Par les Élus socialistes au Conseil Départemental des Landes « Il n’est pas admissible que le développement de l’École inclusive repose sur la suppression des classes. » Le vendredi 3 avril, lors du Conseil départemental de l’Éducation nationale, les élus socialistes landais ont voté contre le projet de carte scolaire pour la rentrée 2026-2027. Un vote clair et assumé, face à un projet qui prévoit la fermeture d’une quinzaine de classes dans notre département. Derrière ces chiffres, une mécanique bien rodée. L’académie impose une baisse de 11 postes, à laquelle s’ajoutent 7 postes réorientés vers les Pôles d’Appui à la Scolarité, ces nouveaux dispositifs d’École inclusive décidés par le ministère. Autrement dit, l’État désigne l’inclusion comme priorité mais la finance en supprimant des classes. On habille Paul en déshabillant Pierre et ce sont les élèves et les territoires ruraux qui paient l’addition. Reconnaissons à la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale d’avoir cherché, en concertation avec les organisations syndicales, des solutions alternatives pour limiter les dégâts. Redéploiement de postes hors réseau, mobilisation de moyens ULIS, RASED ou DITEP. Ces efforts, aussi louables soient-ils, ne peuvent masquer la réalité d’une politique nationale qui fait peser sur les territoires ruraux le coût de ses propres réformes.Dans le second degré, le constat est tout aussi accablant. Alors que le Département maintient ses efforts d’investissement dans les collèges publics, l’État poursuit son retrait de moyens, dégradant les conditions d’enseignement au sein même des établissements que nous construisons, rénovons et équipons. Il n’est pas admissible que le développement de l’École inclusive repose sur la suppression de classes. La baisse démographique aurait dû être l’occasion de réduire les effectifs par classe, au bénéfice direct des élèves. Au lieu de cela, on ferme et on dégrade le maillage territorial. En milieu rural, l’école est souvent le dernier service public de l’État. Chaque fermeture de classe est un signal d’abandon envoyé aux familles et aux communes. Par ailleurs, la Région, qui assure le transport scolaire et investit massivement pour l’éducation et la jeunesse, mesure directement les conséquences de ces fermetures sur l’organisation des territoires. Chaque classe qui disparaît, c’est un élève de plus dans le car, un trajet plus long, une famille qui s’interroge sur l’avenir de son village. Le Département et la Région parlent d’une seule voix parce qu’ils partagent la même conviction. L’école publique est le socle de l’égalité républicaine et elle ne doit pas être la variable d’ajustement des restrictions budgétaires de l’État. Le Département et la Région, eux, ne se désengagent pas. Ils financent les collèges et les lycées. Le Département soutient également les communes pour les travaux dans les écoles, accompagne les regroupements pédagogiques intercommunaux. Là où l’État recule, les collectivités de gauche avancent. C’est un choix politique, celui d’une gauche qui place l’éducation au cœur de son projet pour le territoire.Les élus socialistes landais ne se contentent pas de voter contre. Ils proposent de s’engager, sans délai, aux côtés de la DSDEN, des

Parc naturel régional des Landes de Gascogne : un engagement régional structurant au service d’un territoire d’exception

Auteur Élus socialistes landais au Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine Par les Élus socialistes landais au Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine « La préservation de la biodiversité est une condition du développement, et non une contrainte » Au coeur de la politique régionale en faveur de la biodiversité et de l’aménagement durable, les Parcs naturels régionaux constituent des outils opérationnels majeurs. Contractualisation pluriannuelle, ingénierie territoriale, gouvernance partagée : la Région Nouvelle-Aquitaine s’appuie sur ces dispositifs pour décliner concrètement ses priorités, notamment celles inscrites dans la feuille de route Néo Terra et la Stratégie régionale pour la biodiversité. À travers eux, ce sont des projets locaux, co-construits avec les collectivités et les acteurs de terrain, qui permettent d’agir simultanément sur la préservation des milieux, l’adaptation au changement climatique et le développement économique. Le Parc naturel régional des Landes de Gascogne s’inscrit pleinement dans cette logique. Avec ses plus de 300 000 hectares, il est l’un des plus vastes de France. Il s’étend entre Gironde et Landes, du Bassin d’Arcachon jusqu’à la Grande Lande, et recouvre une grande partie du massif forestier landais. Derrière l’image homogène de la forêt de pins maritimes se déploie en réalité une mosaïque d’écosystèmes remarquables : lagunes, zones humides, vallées de la Leyre, landes à bruyères, airiaux traditionnels. Cette diversité constitue un patrimoine naturel exceptionnel, mais aussi particulièrement vulnérable. Face aux effets du changement climatique – tension sur la ressource en eau, intensification des risques d’incendies, fragilisation des écosystèmes – la Région a fait du Parc un partenaire stratégique. Cet engagement se traduit par un accompagnement financier et technique structuré, notamment via les contrats de Parc, qui permettent de soutenir dans la durée des projets à fort impact territorial. Ainsi, la Région appuie des actions concrètes d’adaptation : restauration des fonctionnalités hydrologiques, renaturation des cours d’eau, gestion des réseaux de drainage. L’objectif est de ralentir l’écoulement de l’eau, favoriser son infiltration, recharger les nappes et améliorer sa qualité, tout en réduisant les risques d’inondation et la vulnérabilité du massif forestier. Dans le même temps, des projets de diversification forestière, comme l’implantation de lisières feuillues, sont accompagnés afin de renforcer la résilience des peuplements face aux aléas climatiques et sanitaires. Le Parc agit également comme un espace d’expérimentation, en lien avec les acteurs scientifiques et les gestionnaires locaux, pour développer des solutions fondées sur la nature et adaptées aux spécificités du territoire. La révision de la charte du Parc, en 2024, constitue, dans ce cadre, un levier central. Ce document n’est pas uniquement un texte d’orientation : il fixe, pour quinze ans, un cadre stratégique partagé entre la Région, les collectivités et les partenaires locaux. Il repose sur un diagnostic approfondi du territoire et définit des objectifs opérationnels en matière de préservation des milieux, de gestion de l’eau, d’évolution des pratiques forestières, de développement économique et d’aménagement. Sa révision a permis d’intégrer pleinement les enjeux contemporains – changement climatique, pression sur les ressources, évolution des usages – et d’adapter les priorités d’action en conséquence. Elle engage l’ensemble des signataires dans

La section du Parti Socialiste de Tyrosse : une histoire politique militante et un héritage politique vivant

Auteur Sylvie Bergeroo Secrétaire de section, vice-présidente du Conseil Départemental Par Sylvie Bergeroo – secrétaire de section, vice-présidente du Conseil Départemental Depuis plus d’un demi-siècle, la section socialiste de Tyrosse incarne un militantisme résilient, innovant et fédérateur. Au tout début des années 1970, la section du Parti Socialiste de Tyrosse naît sous l’impulsion de Michel Delas, enseignant et militant, entouré de figures comme René Jean Labat, maire et premier secrétaire fédéral. Ensemble, ils ancrent durablement la gauche dans le paysage local. La section, jeune et dynamique, porte René Jean Labat à la mairie en 1977, puis en 1983, avec des militants emblématiques comme Jean-Claude Sescousse (« Coco »), Michel Castets. Jean Claude Degert et Bernard Morell. Ces victoires, souvent écrasantes, transforment Tyrosse en un bastion socialiste landais. En 1985, la section organise la « Fête de la Rose » avec la participation de Laurent Fabius, Premier ministre. En 1989, elle soutient l’élection de Coco Sescousse, puis accueille en septembre de la même année François Mitterrand pour l’inauguration du centre social de Saint-Vincent-de-Tyrosse, un moment historique. Malgré un essoufflement dans les années 1990, la section se remobilise autour de Jean-Charles Guiheneuf, puis de René Dupey. Elle soutient les victoires sans appel de Coco Sescousse, réélu maire en 1995 et 2001, conseiller général en 1998, l’élection en 2002 de Michel Castets à la tête de la Communauté de communes MACS et l’élection de Michèle Labeyrie en 2008 comme maire et en 2010 comme Conseillère générale. La défaite aux municipales de 2014 marque un coup d’arrêt, mais la mobilisation des militants de Tyrosse et du canton permet au binôme Jean-Luc Delpuech/Sylvie Bergeroo de remporter les cantonales de 2015, démontrant une nouvelle fois la capacité de la section à rebondir. Cependant les années suivantes sont marquées par une baisse sensible des effectifs. Face à ce défi, une décision est prise : la fusion avec les sections voisines pour former la section de Tyrosse et du pays de Gosse, sous la conduite de François Martourey puis de Laurence Ladousse. Aujourd’hui, notre section de Saint-Vincent-de-Tyrosse et du Pays de Gosse (regroupant Saubrigues, Saint-Jean-de-Marsacq, Saint-Martin-de-Hinx, Sainte-Marie-de-Gosse et Josse), dont je suis la secrétaire depuis 2024, rassemble une trentaine d’adhérents. Le retour de la gauche socialiste à la mairie de Saint-Vincent-de-Tyrosse, avec l’élection de Régis Gélez en 2020 a relancé la dynamique de notre section. Nous nous réunissons environ une fois par mois pour échanger sur l’actualité nationale, mais aussi sur les enjeux locaux, départementaux et régionaux. Nous avons également lancé des rencontres régulières avec les sections voisines du Pays tyrossais (Labenne, Capbreton) afin de renforcer les liens et de mener des actions communes, en nous soutenant mutuellement, notamment lors des tractages et des présences sur les marchés. Une réflexion sur la création d’une section intercommunale ou cantonale a été engagée, mais les militants ont préféré conserver des sections communales, surtout en perspective des élections municipales.La réunion de la deuxième circonscription, organisée le 17 octobre 2025 à l’initiative de Monique Lubin, nouvellement élue première secrétaire fédérale, en présence

Le terroir, champ de bataille idéologique

Auteurs Romain Lalanne Justine Chasseur Par Romain Lalanne et Justine Chasseur Le terroir est devenu un champ de bataille idéologique, un lieu où se rejoue notre rapport à l’identité, à la terre et au vivant. Il a longtemps appartenu à l’imaginaire et aux combats de la gauche, parce qu’on y voyait un espace où se tissent les savoir-faire, les solidarités et une forme de citoyenneté enracinée dans le commun. Aujourd’hui, il est confisqué par la droite, qui en a dévoyé le sens, l’enfermant dans un symbole fermé, nostalgique et parfois xénophobe. Pourtant, le terroir reste d’abord l’affaire des « damnés de la terre », de celles et ceux qui vivent, travaillent et luttent sur le sol qui les fait tenir. Il apparaît d’ailleurs au même moment que l’idée de droit du sol : la terre comme fondement de la communauté politique. Mais le terroir a ensuite été récupéré, d’abord par Pétain dans son discours du 25 juin 1940, puis par le capitalisme et ses défenseurs, qui l’ont réduit à une collection de produits destinés à être commercialisés. Pour reconquérir le terroir, la gauche doit oser parler d’identité, mais autrement. Laisser la droite définir ce qu’est « l’identité », c’est accepter une vision figée et essentialisée, où ce que nous sommes serait inscrit pour toujours dans une origine mythifiée. Leur récit repose sur une identité fermée et immuable, utilisée pour trier et exclure. La gauche, au contraire, doit assumer et porter une vision vivante de l’identité : une identité relationnelle, qui ne se construit pas par des murs mais par des liens. La revendiquer, c’est faire vivre l’altérité, remettre en mouvement ce que la droite voudrait figer. C’est aussi rappeler que les identités locales et les terroirs sont façonnés par l’histoire sociale, les migrations, les luttes et les solidarités. Si le terroir redevient synonyme de partage plutôt que de frontière, il retrouve naturellement son ancrage à gauche. Terroir et… agriculture Parler du terroir sans interroger notre rapport à l’agriculture, c’est passer à côté de l’essentiel. Pour les socialistes, l’attachement à la terre n’est pas nostalgique, il est politique. Il engage une rupture claire avec le modèle productiviste qui épuise les sols, précarise les agriculteurs et détruit ce que nous avons mis des générations à construire. Écologie et agriculture ne sont pas condamnées à s’opposer : ce sont des alliées naturelles, à condition d’en avoir la volonté politique. Au niveau national et international, cela suppose de rejeter les accords de libre-échange qui sacrifient nos paysans, à commencer par le MERCOSUR, d’appliquer strictement, et avec des sanctions en cas de non-respect, les lois EGALIM, d’imposer la réciprocité des normes dans tout accord commercial et de porter une grande loi foncière pour préserver notre potentiel productif et garantir des revenus dignes aux générations futures. Aujourd’hui, au niveau local, le changement se construit aussi dans nos collectivités territoriales : développer les circuits courts dans les cantines scolaires, c’est à la fois soutenir nos producteurs et éduquer la jeunesse à bien manger et à respecter la

Monique Lubin

Redonner un sens collectif à la gauche

« La gauche a toujours été plus forte lorsqu’elle parlait au pays autour d’un projet partagé, porté par des femmes et des hommes rassemblés autour d’une
ambition commune. »

Anciens numéros (jusqu’à mars 2026)

Le Travailleur Landais N° 2050 – Mars 2026
Le Travailleur Landais N° 2049 – Février 2026
Le Travailleur Landais N° 2048 – Janvier 2026
Le Travailleur Landais N° 2047 – Décembre 2025
Le Travailleur Landais N°2046 – Novembre 2025
Le Travailleur Landais N°2045 – Octobre 2025